Stakeholder
- Concept
- Avancé
- Transversal
- Toujours utilisé
En bref
Un stakeholder, ou partie prenante, est toute personne ou groupe qui influence un projet ou une organisation, ou qui est influencé par eux.
Définition complète
Un stakeholder, terme anglais que l’on traduit en français par partie prenante, désigne toute personne ou tout groupe qui a un intérêt dans un projet ou une organisation, qui peut l’influencer, ou qui est lui-même influencé par ses décisions et ses actions.
Les parties prenantes d’une organisation sont souvent nombreuses et variées : les clients, les salariés, les fournisseurs, les actionnaires ou associés, les riverains, les collectivités locales, ou encore des associations concernées par l’activité. Par exemple, pour un projet de construction d’un nouveau bâtiment d’entreprise, les stakeholders incluent non seulement les dirigeants et les futurs occupants, mais aussi les voisins du chantier et la mairie qui délivre les autorisations.
Attention : toutes les parties prenantes n’ont pas le même niveau d’influence ni le même niveau d’intérêt dans un projet ; les identifier ne suffit pas, il faut aussi comprendre leurs attentes respectives pour bien gérer la relation avec chacune d’elles.
À quoi ça sert
Identifier les stakeholders sert à anticiper les attentes et les réactions de toutes les personnes concernées par un projet ou une décision, avant qu’elles ne deviennent des obstacles imprévus.
Cela permet aussi de mieux prioriser la communication : certaines parties prenantes ont besoin d’être informées régulièrement, d’autres consultées avant toute décision, d’autres simplement tenues au courant des avancées.
Enfin, cela aide à construire un projet plus solide, en tenant compte des intérêts parfois divergents de différents groupes concernés, plutôt que de se concentrer uniquement sur un seul point de vue interne.
Cas d'usage typiques
– Lister les parties prenantes concernées par un nouveau projet avant de le lancer.
– Anticiper les réactions possibles de riverains, de clients ou de partenaires face à une décision.
– Prioriser la communication en fonction de l’influence et de l’intérêt de chaque partie prenante.
– Impliquer les bonnes personnes au bon moment dans la conduite d’un projet.
– Identifier une partie prenante oubliée qui pourrait pourtant bloquer ou ralentir un projet.
– Gérer un désaccord entre plusieurs parties prenantes aux intérêts différents.
Ce que tu sauras faire
Savoir identifier les parties prenantes concernées par un projet ou une décision, et adapter la communication et l'implication de chacune selon son niveau d'intérêt et d'influence.
Mises en situation
Situation 1 : une mairie oublie un groupe de riverains
Contexte : une mairie lance un projet de rénovation d’une place publique sans consulter au préalable les commerçants directement concernés.
Application : les commerçants, mécontents de ne pas avoir été consultés, expriment fortement leur opposition une fois les travaux annoncés.
Résultat attendu : la mairie organise une réunion de concertation en urgence, ce qui aurait pu être évité si les commerçants avaient été identifiés comme parties prenantes dès le départ.
Situation 2 : une entreprise implique ses salariés dans un changement d’organisation
Contexte : une entreprise souhaite réorganiser ses horaires de travail.
Application : avant de décider, la direction identifie les salariés comme parties prenantes essentielles et organise des échanges pour recueillir leurs attentes.
Résultat attendu : le nouveau planning tient compte des contraintes des salariés, ce qui facilite son acceptation lors de la mise en place.
Situation 3 : une association gère des intérêts divergents
Contexte : une association sportive doit choisir un nouveau créneau d’entraînement, mais les parents de jeunes enfants et les adultes actifs ont des préférences opposées.
Application : les responsables identifient clairement ces deux groupes de parties prenantes et cherchent un compromis acceptable pour les deux.
Résultat attendu : l’association propose deux créneaux distincts, une solution qui satisfait les deux groupes plutôt que d’en privilégier un seul.
Application guidée : cartographier les parties prenantes d’un projet
Contexte : une entreprise de dix salariés souhaite ouvrir un nouvel entrepôt en périphérie d’une petite ville. Le projet implique les salariés qui devront s’y déplacer, les riverains proches du futur entrepôt, la mairie pour les autorisations, et un fournisseur de matériel de stockage.
Question : comment prioriser la communication avec ces différentes parties prenantes ?
Résultat attendu : les riverains et la mairie, qui ont à la fois un fort intérêt et une forte influence sur l’autorisation du projet, doivent être informés et consultés en priorité ; les salariés doivent être informés tôt pour anticiper leurs contraintes de déplacement ; le fournisseur, moins influent sur la décision elle-même, peut être impliqué plus tard dans le processus.
Application guidée : gérer un désaccord entre parties prenantes
Contexte : une entreprise de production alimentaire souhaite installer une nouvelle ligne de production plus bruyante. Les salariés de l’atelier soutiennent le projet car il améliorera leurs conditions de travail, mais les riverains directs de l’usine s’inquiètent du bruit supplémentaire.
Question : comment l’entreprise peut-elle avancer malgré ce désaccord entre deux parties prenantes ?
Résultat attendu : l’entreprise peut chercher des solutions techniques pour limiter les nuisances sonores perçues par les riverains, tout en expliquant clairement les bénéfices du projet aux deux groupes, plutôt que de privilégier une partie prenante en ignorant complètement les préoccupations de l’autre.
Pour bien le retenir
L'analogie
Imaginez l’organisation d’un mariage. Les mariés ne sont pas les seuls concernés : les parents, les témoins, le traiteur, la mairie qui célèbre l’union, et même les voisins gênés par le bruit de la fête font partie, à des degrés divers, de ceux qui influencent ou subissent l’événement. Bien organiser ce mariage suppose de penser à chacun d’eux, pas seulement aux mariés. Un projet d’entreprise fonctionne de la même façon : de nombreuses parties prenantes, plus ou moins visibles, méritent d’être prises en compte.
« Un mariage réussi pense à tous les invités concernés, pas seulement aux mariés. »
Moyen mnémotechnique
Stakeholder vient de l'anglais stake (enjeu) et holder (celui qui détient) : celui qui a un enjeu dans le projet.
Pièges à éviter
À ne pas confondre avec
Une confusion fréquente est de réduire les stakeholders aux seuls clients ou actionnaires, en oubliant d'autres groupes moins visibles mais tout aussi concernés, comme les salariés, les fournisseurs ou les riverains.
Une autre erreur est de traiter toutes les parties prenantes de la même façon, alors qu'elles n'ont ni le même niveau d'intérêt, ni le même niveau d'influence sur un projet : certaines méritent une consultation approfondie, d'autres une simple information.
Enfin, il ne faut pas confondre l'identification des parties prenantes, qui est une première étape, avec la réelle prise en compte de leurs attentes dans les décisions, qui demande un travail continu tout au long d'un projet.
Évolution historique
Apparition : Années 1980
Quels changements depuis l’arrivée de l’IA ?
Avant
Identifier et suivre les parties prenantes d’un projet reposait surtout sur la connaissance directe du terrain par les responsables de projet, avec des échanges principalement en réunion ou par courrier.
Aujourd’hui
Des outils numériques et d’intelligence artificielle facilitent la cartographie des parties prenantes, le suivi de leurs attentes et l’analyse de leurs réactions, par exemple à travers les commentaires en ligne ou les échanges sur les réseaux sociaux, ce qui permet de repérer plus rapidement un mécontentement naissant.
Évolution historique
Avant les années 1980 : les entreprises se concentrent surtout sur leurs actionnaires et leurs clients directs, sans réelle formalisation des autres groupes concernés.
Années 1980 : le concept de stakeholder est formalisé dans les travaux de gestion stratégique, élargissant la réflexion à l’ensemble des groupes concernés par une organisation.
Années 1990 à 2000 : la notion se diffuse largement dans la gestion de projet, notamment pour anticiper les risques liés aux parties prenantes négligées.
Années 2010 : les réseaux sociaux donnent une voix plus visible à certaines parties prenantes, comme les riverains ou les clients, qui peuvent désormais s’exprimer publiquement plus facilement.
Années 2020 : les outils numériques et l’intelligence artificielle facilitent le suivi et l’analyse des attentes de ces différentes parties prenantes.
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