Mobilité durable

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  • Toujours utilisé

En bref

La mobilité durable regroupe les modes de déplacement qui réduisent l'impact environnemental et social des trajets domicile-travail et professionnels.

Définition complète

La mobilité durable regroupe l’ensemble des modes de déplacement qui cherchent à réduire l’impact environnemental et social des trajets, qu’il s’agisse des trajets domicile-travail des salariés ou des déplacements professionnels d’une organisation. Elle privilégie les transports en commun, le vélo, la marche, le covoiturage, les véhicules électriques ou partagés, plutôt que la voiture individuelle utilisée seule et sur des trajets courts.

En France, le forfait mobilités durables, créé par la loi d’orientation des mobilités en 2019, permet à un employeur de verser une prime exonérée de charges aux salariés qui se rendent au travail à vélo, en covoiturage ou en transports en commun. Par exemple, une entreprise peut mettre en place ce forfait, installer un local à vélos sécurisé et négocier un tarif préférentiel avec un service de covoiturage local pour encourager ses salariés à changer leurs habitudes de déplacement.

Attention : la mobilité durable ne se limite pas aux trajets domicile-travail des salariés ; elle concerne aussi les déplacements professionnels, les livraisons et le transport de marchandises, souvent responsables d’une part importante des émissions liées aux déplacements d’une organisation.

À quoi ça sert

Cette notion sert à réduire l’empreinte environnementale d’une organisation liée aux déplacements, souvent l’un des postes d’émissions les plus importants, en particulier pour les entreprises dont les salariés parcourent de longues distances ou dont l’activité repose sur le transport de marchandises.

Dans une entreprise, une collectivité ou une association, encourager la mobilité durable améliore aussi la qualité de vie au travail : moins de temps perdu dans les embouteillages, moins de stress lié aux trajets, et parfois des économies directes pour les salariés qui changent de mode de déplacement.

Elle sert enfin de levier d’attractivité pour recruter et fidéliser des salariés, notamment dans les zones urbaines où la question des déplacements pèse fortement dans le choix d’un emploi, et de réponse à des obligations réglementaires croissantes pour certaines organisations.

Cas d'usage typiques

– Mettre en place : instaurer le forfait mobilités durables pour encourager le vélo, la marche ou le covoiturage.
– Aménager : installer des équipements facilitant les mobilités douces, comme un local à vélos sécurisé.
– Optimiser : réorganiser les tournées de livraison pour réduire les distances parcourues et les émissions associées.
– Négocier : établir un partenariat avec un service de transport en commun ou de covoiturage local.
– Mesurer : évaluer la part des salariés utilisant des modes de déplacement durables plutôt que la voiture individuelle.
– Sensibiliser : accompagner le changement d’habitudes de déplacement par une communication interne régulière.

Ce que tu sauras faire

Identifier, dans une organisation donnée, les leviers concrets permettant de développer des modes de déplacement plus durables pour les trajets professionnels et domicile-travail.

Mises en situation

Situation 1 : la mise en place du forfait mobilités durables

Contexte : une entreprise de 60 salariés constate que la grande majorité vient travailler seule en voiture, alors que plusieurs habitent à moins de cinq kilomètres.

Application : elle instaure le forfait mobilités durables et installe un local à vélos sécurisé.

Résultat attendu : une partie des salariés proches change progressivement ses habitudes de déplacement, réduisant le nombre de trajets en voiture individuelle.

Situation 2 : l’optimisation des tournées de livraison

Contexte : une entreprise de livraison de repas organise ses tournées sans réelle optimisation des trajets.

Application : elle utilise un outil de planification pour regrouper les livraisons par zone géographique.

Résultat attendu : les distances parcourues diminuent sensiblement, réduisant à la fois les coûts et les émissions liées aux livraisons.

Situation 3 : une zone rurale peu desservie

Contexte : une entreprise implantée en zone rurale ne bénéficie d’aucune desserte par les transports en commun.

Application : elle met en place un système de covoiturage organisé entre salariés habitant des communes voisines.

Résultat attendu : plusieurs salariés réduisent le nombre de trajets en voiture individuelle grâce au covoiturage organisé, malgré l’absence de transports en commun.

Application guidée : comparer deux profils de trajets

Contexte : le salarié A parcourt 8 kilomètres aller-retour chaque jour en voiture individuelle. Le salarié B parcourt 40 kilomètres aller-retour, dont 35 en transports en commun et 5 à vélo pour rejoindre la gare.

Question : lequel de ces deux profils correspond le mieux à une démarche de mobilité durable, malgré la distance plus importante du second ?

Résultat attendu : le salarié B, malgré une distance totale plus grande, a un impact environnemental par kilomètre bien plus faible grâce à l’usage des transports en commun et du vélo ; le salarié A, sur une distance plus courte mais en voiture individuelle seule, a une empreinte proportionnellement plus importante pour son trajet.

Application guidée : calculer l’effet d’un changement d’habitude

Contexte : sur 60 salariés d’une entreprise, 45 viennent seuls en voiture chaque jour. Après la mise en place d’un plan de mobilité durable, 15 d’entre eux passent au covoiturage à deux personnes par trajet, et 5 passent au vélo.

Question : combien de trajets individuels en voiture sont évités chaque jour grâce à ces changements ?

Résultat attendu : les 15 salariés passés au covoiturage à deux par voiture représentent 7 à 8 trajets au lieu de 15, soit environ 7 trajets évités ; les 5 salariés passés au vélo évitent 5 trajets supplémentaires ; au total, environ 12 trajets en voiture individuelle sont évités chaque jour.

Pour bien le retenir

L'analogie

La mobilité durable, c’est comme réorganiser les livraisons d’un petit commerce pour regrouper plusieurs courses en une seule tournée plutôt que de faire dix allers-retours séparés. Le trajet global change de logique : au lieu de multiplier les déplacements individuels, on cherche à mutualiser, regrouper et choisir le mode de transport le plus adapté à chaque distance, ce qui réduit à la fois la fatigue, le coût et l’impact environnemental du trajet.

« Le trajet le plus durable n'est pas toujours le plus rapide, mais souvent le plus partagé. »

Pièges à éviter

À ne pas confondre avec

Une confusion fréquente consiste à croire que la mobilité durable se limite au choix d'un véhicule électrique. Un véhicule électrique reste un véhicule individuel, avec un impact environnemental lié à sa fabrication et à la production de l'électricité qu'il consomme ; les transports en commun, le vélo ou le covoiturage restent souvent plus efficaces à impact équivalent.

Autre piège : penser que la mobilité durable ne concerne que les grandes villes bien desservies par les transports en commun. Dans les zones rurales ou peu denses, elle prend d'autres formes, comme le covoiturage organisé, les navettes partagées ou l'aménagement d'horaires pour limiter les déplacements aux heures de pointe.

Enfin, il ne faut pas réduire la mobilité durable aux seuls trajets domicile-travail des salariés : les déplacements professionnels, réunions, déplacements commerciaux, livraisons, représentent souvent une part tout aussi importante des émissions liées aux transports d'une organisation.

Évolution historique

Apparition : Notion développée à partir des années 1990-2000, structurée en France avec la loi d'orientation des mobilités de 2019

Quels changements depuis l’arrivée de l’IA ?

L’intelligence artificielle aide surtout à optimiser les trajets et les tournées de livraison, en calculant des itinéraires plus courts ou en regroupant plus efficacement les commandes pour réduire les distances parcourues. Des applications de covoiturage ou de transport partagé utilisent également des algorithmes pour mettre en relation plus rapidement des personnes ayant des trajets compatibles. Ces outils facilitent l’organisation de la mobilité durable, mais le choix de privilégier ces modes de déplacement reste une décision humaine, individuelle ou organisationnelle.

Évolution historique

Années 1990-2000 : les premières réflexions sur les plans de déplacement d’entreprise apparaissent, souvent dans les grandes agglomérations.

Années 2000-2010 : le développement des transports en commun et des pistes cyclables dans de nombreuses villes accompagne une prise de conscience croissante.

2015 : la loi relative à la transition énergétique introduit de premiers dispositifs incitatifs pour le vélo et le covoiturage domicile-travail.

2019 : la loi d’orientation des mobilités crée le forfait mobilités durables, généralisant l’incitation financière au sein des entreprises.

Années 2020 : le développement du télétravail et des applications de covoiturage renforce encore la diversité des solutions de mobilité durable disponibles.