Fidélisation omnicanale
- Concept
- Intermédiaire
- Transversal
- Toujours utilisé
En bref
La fidélisation omnicanale consiste à récompenser et reconnaître un client de façon identique, qu'il achète en magasin, en ligne ou sur mobile.
Définition complète
La fidélisation omnicanale désigne les programmes et les pratiques de fidélité qui fonctionnent de façon identique, quel que soit le canal utilisé par le client pour acheter ou interagir avec l’entreprise. Un client doit pouvoir cumuler des points, utiliser une récompense, ou faire reconnaître son ancienneté aussi bien en magasin qu’en ligne ou via une application mobile, sans que le canal choisi ne change les règles du jeu.
Par exemple, une chaîne de cafés qui propose une carte de fidélité permettant de cumuler des points en boutique, mais dont les points ne sont ni visibles ni utilisables lors d’une commande passée via l’application mobile, ne pratique pas une vraie fidélisation omnicanale. À l’inverse, si les mêmes points sont cumulables et utilisables partout, avec un solde toujours à jour quel que soit le canal consulté, la fidélisation devient réellement omnicanale.
Attention : proposer plusieurs programmes de fidélité différents selon les canaux, une carte papier en magasin, un compte en ligne séparé, donne une fausse impression de fidélisation omnicanale si ces deux systèmes ne communiquent pas entre eux.
À quoi ça sert
Cette fidélisation sert d’abord à ne pas pénaliser un client selon la façon dont il choisit d’acheter : un client fidèle doit rester reconnu comme tel, qu’il privilégie le magasin, le site internet ou l’application, sans avoir à choisir un seul canal pour ne pas perdre ses avantages.
Elle sert aussi à encourager naturellement le client à utiliser plusieurs canaux selon ses besoins du moment, ce qui profite à l’entreprise en augmentant les occasions de contact, sans créer de frustration liée à un programme trop rigide.
Elle permet enfin de mieux comprendre la valeur réelle d’un client fidèle, en additionnant sa consommation sur tous les canaux plutôt qu’en la sous-estimant si elle n’est mesurée que sur un seul d’entre eux.
Cas d'usage typiques
– Unifier : fusionner les systèmes de points de fidélité du magasin et du site internet en un seul compte ? Éviter de pénaliser le client selon le canal choisi.
– Afficher : rendre le solde de points toujours visible et à jour, quel que soit le canal consulté ? Renforcer la confiance dans le programme de fidélité.
– Récompenser : permettre d’utiliser une récompense obtenue en ligne directement en magasin, et inversement ? Donner une vraie liberté de choix au client fidèle.
– Reconnaître : informer un vendeur en magasin du statut de fidélité d’un client, même s’il achète surtout en ligne ? Éviter un accueil incohérent avec son ancienneté réelle.
– Simplifier : proposer une seule carte ou application pour cumuler des points, plutôt que plusieurs systèmes séparés ? Réduire la confusion et l’abandon du programme.
– Mesurer : évaluer la valeur totale d’un client fidèle sur l’ensemble des canaux ? Prioriser les efforts de fidélisation sur les clients les plus précieux globalement.
Ce que tu sauras faire
Savoir repérer les situations où un programme de fidélité pénalise un client selon le canal choisi, et proposer des ajustements pour le rendre réellement cohérent partout.
Mises en situation
Situation 1 : les points invisibles en ligne
Contexte : Un client fidèle d’une enseigne de vêtements a cumulé de nombreux points en magasin sur sa carte physique, mais ne peut ni les consulter ni les utiliser lorsqu’il commande sur le site internet.
Application : L’enseigne relie la carte de fidélité physique à un compte en ligne unique, avec un solde de points partagé entre les deux canaux.
Résultat attendu : Le client peut désormais utiliser ses points où il le souhaite, ce qui renforce son attachement au programme de fidélité.
Situation 2 : le vendeur qui ne sait rien de la fidélité du client
Contexte : Un client très fidèle en ligne se rend pour la première fois en magasin, mais le vendeur ne dispose d’aucune information sur son ancienneté et le traite comme un simple visiteur de passage.
Application : L’enseigne donne accès aux vendeurs en magasin à un résumé simple du statut de fidélité de chaque client identifié, quel que soit le canal d’origine.
Résultat attendu : Le vendeur peut accueillir ce client avec les égards correspondant à sa fidélité réelle, ce qui renforce une première expérience positive en magasin.
Situation 3 : l’association qui reconnaît mal ses membres actifs
Contexte : Une association sportive propose des avantages aux membres les plus assidus, mais ne comptabilise que les présences enregistrées sur son application, sans tenir compte des inscriptions faites directement à l’accueil par certains membres plus âgés.
Application : L’association centralise toutes les présences, qu’elles soient enregistrées via l’application ou notées manuellement à l’accueil.
Résultat attendu : Tous les membres assidus sont reconnus équitablement, quel que soit le moyen utilisé pour s’inscrire aux activités.
Application guidée : repérer une injustice de fidélisation
Contexte : Une chaîne de restauration rapide propose une carte de fidélité papier tamponnée uniquement en salle, alors qu’une part croissante de ses clients commande désormais via une application de livraison.
Question : Quel groupe de clients cette organisation désavantage-t-elle, et quelle solution simple pourrait corriger cette situation ?
Résultat attendu : L’apprenant identifie que les clients qui commandent principalement via l’application sont exclus du programme de fidélité, et propose d’intégrer un système de points numérique valable sur toutes les commandes, quel que soit le canal.
Application guidée : concevoir un programme cohérent
Contexte : Une petite chaîne de librairies veut lancer un programme de fidélité simple, valable aussi bien en boutique que sur son futur site de vente en ligne.
Question : Quelles règles de base ce programme devrait-il respecter pour être considéré comme réellement omnicanal dès sa conception ?
Résultat attendu : L’apprenant propose par exemple un identifiant client unique reconnu partout, un solde de points centralisé et toujours à jour, et des récompenses utilisables indifféremment en boutique ou en ligne, dès le lancement du programme plutôt qu’en correction ultérieure.
Pour bien le retenir
L'analogie
La fidélisation omnicanale ressemble à un compte bancaire unique que l’on peut consulter et utiliser aussi bien au guichet, au distributeur qu’en ligne, avec toujours le même solde. Imaginez, à l’inverse, une banque qui donnerait un solde différent selon que l’on consulte son compte au guichet ou sur internet : personne n’accepterait cette incohérence, et pourtant c’est exactement ce que vivent certains clients avec des programmes de fidélité mal connectés entre les canaux.
« Le même compte de fidélité, avec le même solde, partout où le client se présente. »
Pièges à éviter
À ne pas confondre avec
On croit parfois qu'il suffit de proposer un programme de fidélité numérique pour être automatiquement omnicanal. Si ce programme numérique ne communique pas avec les points cumulés en magasin, ou inversement, l'incohérence demeure, simplement sous une autre forme.
Autre piège : complexifier excessivement les règles pour tenter de couvrir tous les cas, différents taux de points selon le canal par exemple, ce qui finit par rendre le programme incompréhensible pour le client, à l'opposé de l'objectif de simplicité recherché.
Évolution historique
Apparition : Années 2010, avec la généralisation des cartes de fidélité numériques
Quels changements depuis l’arrivée de l’IA ?
Avant
Les programmes de fidélité reposaient souvent sur des cartes physiques ou des comptes en ligne séparés, avec peu ou pas de lien entre les canaux, obligeant parfois le client à choisir un seul système à utiliser.
Aujourd’hui
Des outils capables d’analyser le comportement d’achat grâce à l’intelligence artificielle permettent de proposer des récompenses plus personnalisées et mieux calibrées, en tenant compte de l’ensemble des canaux utilisés par un client. L’impact de l’IA reste toutefois secondaire par rapport à l’enjeu de fond, qui est avant tout technique et organisationnel : relier réellement les systèmes de points entre eux.
Évolution historique
Avant les années 2000 : les cartes de fidélité restent essentiellement physiques et limitées au point de vente où elles ont été délivrées.
Années 2000 : les premiers programmes de fidélité en ligne apparaissent, souvent séparés des programmes physiques existants.
Années 2010 : les applications mobiles de fidélité se développent, avec une volonté croissante de relier tous les canaux à un même compte.
Fin des années 2010 : de nombreuses enseignes unifient enfin leurs différents systèmes de points en un programme réellement omnicanal.
Aujourd’hui : la personnalisation des récompenses, aidée par l’analyse de données, vient enrichir des programmes de fidélité déjà techniquement unifiés.
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