Compétence transversale
- Concept
- Intermédiaire
- Transversal
- Toujours utilisé
En bref
Compétence utile dans de nombreux métiers différents, comme la communication ou l'esprit d'équipe, aussi appelée « soft skill ».
Définition complète
Une compétence transversale est une compétence qui n’est pas propre à un seul métier, mais qui est utile dans de nombreux contextes professionnels différents : communication, organisation, esprit d’équipe, résolution de problèmes, adaptabilité. On l’appelle aussi parfois « compétence douce » ou « soft skill », par opposition aux compétences techniques propres à un métier précis.
Par exemple, la capacité à bien communiquer à l’écrit est une compétence transversale utile aussi bien pour un commercial rédigeant une proposition client que pour un comptable rédigeant un rapport ou un infirmier transmettant des consignes à un collègue.
Attention : une compétence transversale n’est pas une compétence vague ou facultative. Elle peut être tout aussi déterminante dans la réussite d’un poste qu’une compétence technique, même si elle est souvent plus difficile à évaluer précisément.
À quoi ça sert
La compétence transversale sert à faciliter l’adaptation d’une personne à des situations, des équipes ou des métiers différents au cours de sa carrière, alors qu’une compétence purement technique reste souvent liée à un contexte précis.
Elle joue un rôle important dans le recrutement : de nombreux employeurs recherchent aujourd’hui des candidats capables de bien communiquer, de collaborer et de s’adapter, en plus de leurs compétences techniques, car ces qualités facilitent le travail en équipe au quotidien.
Enfin, elle est précieuse en cas de reconversion professionnelle : une personne qui change de métier peut souvent réutiliser ses compétences transversales déjà acquises, même si elle doit apprendre de nouvelles compétences techniques propres au nouveau métier visé.
Cas d'usage typiques
– Recruter au-delà du technique : un employeur hésite entre deux candidats de niveau technique équivalent ? Les compétences transversales font souvent la différence.
– Construire une formation d’équipe : un manager veut renforcer la cohésion de son équipe ? Il cible une formation sur des compétences transversales comme la communication.
– Valoriser un parcours atypique : un candidat a fait du bénévolat associatif ? Il valorise les compétences transversales acquises, comme la gestion d’équipe.
– Accompagner une reconversion : un salarié change de secteur ? Il identifie ses compétences transversales réutilisables dans son nouveau métier.
– Rédiger une fiche de poste complète : une entreprise recrute un poste d’accueil ? Elle précise les compétences transversales attendues, pas seulement les compétences techniques.
– Préparer un entretien d’embauche : un candidat veut se démarquer ? Il prépare des exemples concrets illustrant ses compétences transversales, plutôt que de les citer sans preuve.
Ce que tu sauras faire
Savoir identifier et illustrer par des exemples concrets une compétence transversale, que ce soit pour recruter, se former ou valoriser un parcours professionnel.
Mises en situation
Situation 1 : un recrutement dans une association
Contexte : une association recrute un coordinateur d’événements et reçoit deux candidatures : l’une avec une expérience technique en organisation d’événements, l’autre avec une expérience différente mais des compétences transversales très fortes en communication et en gestion de conflit.
Application : la responsable de l’association mène des entretiens centrés sur des situations concrètes, pour vérifier comment chaque candidat a réellement mobilisé ses compétences transversales par le passé.
Résultat attendu : elle recrute le second candidat, jugeant que ses compétences transversales solides compenseront un apprentissage technique plus rapide que l’inverse.
Situation 2 : une reconversion vers un nouveau métier
Contexte : une ancienne enseignante souhaite se reconvertir vers un poste de formatrice en entreprise, un métier techniquement différent mais proche sur certains aspects.
Application : elle identifie et met en avant ses compétences transversales déjà acquises : pédagogie, gestion de groupe, adaptation du discours à différents publics.
Résultat attendu : elle convainc un employeur de sa capacité à s’adapter rapidement au nouveau métier, malgré l’absence d’expérience directe en entreprise.
Situation 3 : renforcer la cohésion d’une équipe
Contexte : une équipe de sept personnes dans un cabinet comptable communique mal entre les différents postes, ce qui génère des erreurs de transmission d’information.
Application : le manager organise une formation courte centrée sur la compétence transversale de communication professionnelle, avec des mises en situation.
Résultat attendu : les erreurs de transmission diminuent nettement, l’équipe ayant développé des réflexes de communication plus clairs au quotidien.
Application guidée : distinguer compétence transversale et compétence métier
Contexte : une fiche de poste pour un poste de vendeur mentionne « savoir utiliser la caisse enregistreuse » et « savoir gérer un client mécontent ».
Question : laquelle de ces deux compétences est transversale, et laquelle est une compétence métier ?
Résultat attendu : l’apprenant identifie que « savoir utiliser la caisse enregistreuse » est une compétence métier propre au poste de vendeur, alors que « savoir gérer un client mécontent » relève d’une compétence transversale utile dans de nombreux métiers en contact avec du public, comme la restauration ou l’accueil médical.
Application guidée : illustrer une compétence transversale sur un CV
Contexte : un candidat écrit simplement « bon esprit d’équipe » sur son CV, sans aucun exemple pour l’appuyer.
Question : comment transformer cette mention vague en une preuve concrète de compétence transversale ?
Résultat attendu : l’apprenant propose de remplacer la mention vague par un exemple concret, comme avoir coordonné une équipe de quatre bénévoles lors d’un événement associatif en respectant un délai serré, ce qui rend la compétence transversale vérifiable plutôt que simplement déclarée.
Pour bien le retenir
L'analogie
Une compétence transversale ressemble à un couteau suisse. Un outil spécialisé, comme une clé à molette, ne sert qu’à une tâche précise, alors qu’un couteau suisse est utile dans des situations très variées. Les compétences transversales sont comme ce couteau suisse : elles servent dans presque tous les métiers, même si elles ne remplacent pas un outil spécialisé quand il en faut vraiment un.
« Un couteau suisse utile dans presque toutes les situations professionnelles. »
Pièges à éviter
À ne pas confondre avec
Une confusion fréquente consiste à croire qu'une compétence transversale s'acquiert aussi facilement qu'une compétence technique. Elle demande souvent plus de temps et de mises en situation réelles pour se développer durablement.
Une autre erreur consiste à lister des compétences transversales creuses sur un CV sans exemple concret pour les illustrer, ce qui les rend peu crédibles aux yeux d'un recruteur attentif.
Enfin, il ne faut pas opposer à tort compétences transversales et compétences techniques, comme si l'une comptait plus que l'autre : dans la plupart des métiers, les deux sont complémentaires et nécessaires ensemble pour bien exercer un poste.
Évolution historique
Apparition : Depuis les années 1990-2000, avec la diffusion du terme « soft skills » dans le monde du travail, popularisé plus largement en France dans les années 2010
Quels changements depuis l’arrivée de l’IA ?
Avant
Le recrutement et la formation se concentraient souvent en priorité sur les compétences techniques, les compétences transversales étant évoquées de façon plus informelle, sans réel outil d’évaluation.
Aujourd’hui
Avec l’automatisation croissante de certaines tâches techniques par l’IA, les compétences transversales, esprit critique, communication, capacité à collaborer, adaptabilité, prennent une importance relative croissante dans les recrutements, car elles sont plus difficiles à automatiser que certaines tâches techniques répétitives. C’est un changement de priorité plutôt qu’une transformation de la notion elle-même.
Évolution historique
Années 1970-1980 : premières réflexions sur les compétences non techniques nécessaires au travail, notamment en psychologie du travail.
Années 1990 : diffusion du terme « soft skills » dans les pays anglo-saxons pour désigner ces compétences non techniques.
Années 2000 : le concept de compétence transversale s’installe dans les référentiels de formation et de recrutement en France.
Années 2010 : forte popularisation du terme, multiplication des formations dédiées aux soft skills.
Aujourd’hui : importance croissante de ces compétences dans les recrutements, en partie du fait de l’automatisation de certaines tâches techniques.
Simulateur