Apprenant
- Concept
- Débutant
- Transversal
- Toujours utilisé
En bref
L'apprenant est la personne engagée dans un processus d'apprentissage, considérée comme actrice de sa formation et non comme simple auditrice passive.
Définition complète
L’apprenant désigne toute personne engagée dans un processus d’acquisition de savoirs, de savoir-faire ou de savoir-être, que ce soit en formation initiale, en formation continue ou en apprentissage informel sur le terrain. Le terme est volontairement préféré à « élève » ou « stagiaire » dans le vocabulaire de la formation professionnelle, car il met l’accent sur le rôle actif de la personne : elle construit ses connaissances, elle ne se contente pas de les recevoir.
Exemple : une entreprise organise une formation de deux jours sur un nouveau logiciel de gestion pour 20 salariés. Ces 20 personnes sont les « apprenants » de cette session : chacune arrive avec un niveau, un rythme et des attentes différents.
Attention : parler d’« apprenant » ne veut pas dire que la personne apprend seule dans son coin. Le terme s’utilise aussi bien pour désigner un salarié en formation collective en salle qu’une personne suivant un parcours e-learning individuel.
À quoi ça sert
Utiliser le mot « apprenant » plutôt que « stagiaire » ou « élève » change la posture du formateur : cela invite à concevoir des formations centrées sur les besoins réels de la personne, plutôt que sur un programme figé à dérouler. Cette notion sert de point de départ à toute réflexion pédagogique digne de ce nom : avant de choisir un contenu ou une méthode, il faut d’abord se demander qui sont les apprenants, ce qu’ils savent déjà, et ce dont ils ont besoin.
Elle est aussi utile pour distinguer différents profils au sein d’un même groupe : un apprenant débutant n’a pas les mêmes besoins qu’un apprenant expérimenté qui vient simplement se remettre à niveau. Cette distinction permet d’adapter le rythme, les exemples et le niveau de difficulté proposés pendant la formation.
Cas d'usage typiques
– Concevoir : comment adapter le contenu d’une formation au profil réel des apprenants plutôt qu’à un programme standard ?
– Différencier : comment repérer, dans un même groupe, les apprenants débutants et les apprenants déjà expérimentés ?
– Évaluer : l’apprenant a-t-il progressé entre le début et la fin de la formation ?
– Motiver : comment garder l’apprenant actif plutôt que simple spectateur pendant une session ?
– Personnaliser : quel accompagnement individuel proposer à un apprenant qui décroche ?
– Choisir : quel format (présentiel, e-learning, mixte) convient le mieux à ce groupe d’apprenants ?
Ce que tu sauras faire
Adapter le contenu, le rythme et la posture d'une formation au profil réel des apprenants plutôt qu'à un programme théorique figé.
Mises en situation
Situation 1 : une formation trop scolaire pour des apprenants expérimentés
Contexte : un cabinet comptable organise une formation sur une nouvelle réglementation pour ses collaborateurs, dont certains ont quinze ans d’expérience.
Application : le formateur commence par un tour de table pour connaître le niveau de chaque apprenant, plutôt que de dérouler un cours identique pour tous.
Résultat attendu : les apprenants expérimentés se sentent respectés dans leur expertise et restent attentifs, car la formation part de ce qu’ils savent déjà pour aller plus loin.
Situation 2 : un apprenant en difficulté sur un module e-learning
Contexte : dans une association, un bénévole peine à suivre un module en ligne sur la sécurité incendie, car il n’est pas à l’aise avec les outils numériques.
Application : le responsable formation propose à cet apprenant un accompagnement individuel en complément du module, plutôt que de le laisser seul face à l’écran.
Résultat attendu : l’apprenant termine sa formation avec les mêmes acquis que les autres, malgré un point de départ différent.
Situation 3 : un groupe d’apprenants très hétérogène en petite entreprise
Contexte : une PME de dix salariés forme en même temps des personnes de 22 à 58 ans, avec des niveaux scolaires et des expériences très variés.
Application : la formatrice prévoit des exercices à plusieurs niveaux de difficulté et laisse chaque apprenant progresser à son rythme.
Résultat attendu : aucun apprenant ne se sent ni freiné, ni largué, et le groupe termine la formation avec un niveau plus homogène qu’au départ.
Application guidée : repérer les besoins réels d’un groupe d’apprenants
Contexte : avant une formation sur la relation client, le formateur envoie un court questionnaire à 15 apprenants ; 9 se disent à l’aise avec les clients difficiles, 6 disent avoir peur de ces situations.
Question : comment cette information doit-elle influencer la construction du contenu de la formation ?
Résultat attendu : le formateur prévoit un temps commun sur les bases, puis un atelier spécifique et plus poussé pour les 6 apprenants les moins à l’aise, plutôt qu’un seul contenu identique pour tout le groupe.
Application guidée : mesurer la progression d’un apprenant
Contexte : un apprenant obtient 8/20 à un test de positionnement en début de formation sur un logiciel, puis 16/20 au test final trois semaines plus tard.
Question : que peut-on conclure de cette évolution, et quelles précautions faut-il garder à l’esprit ?
Résultat attendu : la progression de 8 points suggère un réel apprentissage, mais il faut vérifier que les deux tests avaient un niveau de difficulté comparable avant d’en tirer une conclusion définitive.
Pour bien le retenir
L'analogie
Imaginez un jardinier face à des plants très différents : certains ont besoin de beaucoup d’eau, d’autres de peu ; certains poussent vite, d’autres lentement. Un bon jardinier n’arrose pas tout le monde de la même façon, il observe chaque plant. L’apprenant, c’est ce plant vivant qui a ses propres besoins : le formateur doit l’observer avant de décider comment l’accompagner, plutôt que d’appliquer la même méthode à tout le monde.
« L'apprenant est un plant vivant, pas un pot vide qu'on remplit toujours de la même façon. »
Pièges à éviter
À ne pas confondre avec
Ne croyez jamais qu'un apprenant est une page blanche qui ne sait rien avant la formation : la plupart du temps, il arrive avec une expérience, des habitudes et parfois des idées fausses qu'il faut d'abord identifier. Ignorer ce point de départ mène souvent à des formations qui ennuient les uns et perdent les autres.
Évitez aussi de confondre « apprenant » et « personne présente en salle » : être physiquement présent à une formation ne signifie pas être réellement engagé dans l'apprentissage. Un apprenant peut être présent sans être actif, tout comme il peut apprendre à distance de façon très active.
Évolution historique
Apparition : Depuis les années 1970-1980
Quels changements depuis l’arrivée de l’IA ?
L’arrivée de l’intelligence artificielle transforme surtout la façon dont on peut observer et accompagner l’apprenant, plus que la notion elle-même.
Avant
Le formateur devait deviner ou interroger directement les apprenants pour connaître leur niveau, souvent avec peu d’outils pour objectiver ces informations pendant la formation elle-même.
Aujourd’hui
Des plateformes de formation en ligne utilisent des outils d’analyse et parfois de l’intelligence artificielle pour repérer automatiquement les apprenants en difficulté (temps passé sur un exercice, erreurs répétées) et proposer un contenu adapté en temps réel. Le formateur humain reste toutefois central pour donner du sens à ces informations.
Évolution historique
Années 1970-1980 : le courant de l’andragogie (l’éducation des adultes) diffuse l’idée que l’adulte en formation doit être traité comme un acteur autonome, et non comme un élève passif.
Années 1990 : le terme « apprenant » se répand dans le vocabulaire des organismes de formation professionnelle en France, en lien avec la montée des pédagogies actives.
Années 2000 : le développement du e-learning met encore plus l’accent sur l’autonomie de l’apprenant, qui doit gérer lui-même son rythme de progression.
Années 2010 : les plateformes de formation en ligne (LMS) généralisent le suivi individualisé de chaque apprenant à travers des tableaux de bord.
Aujourd’hui : les outils numériques et l’intelligence artificielle permettent un accompagnement plus personnalisé, sans remplacer le rôle du formateur dans l’interprétation des besoins de chaque apprenant.
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