Alternance

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En bref

L'alternance est un mode de formation qui combine des périodes en entreprise et des périodes en centre de formation, via un contrat de travail.

Définition complète

L’alternance est un mode de formation professionnelle qui combine des périodes de travail en entreprise et des périodes d’enseignement en centre de formation, comme une école, une université ou un CFA (Centre de Formation d’Apprentis). En France, elle prend principalement deux formes contractuelles : le contrat d’apprentissage, plutôt destiné aux jeunes en formation initiale, et le contrat de professionnalisation, ouvert aussi aux adultes en reconversion. Dans les deux cas, l’alternant est salarié de l’entreprise qui l’accueille et perçoit une rémunération, tout en préparant un diplôme ou une certification.

Par exemple, un jeune en BTS commerce peut passer trois semaines par mois en boutique et une semaine par mois en cours, en étant rémunéré par l’entreprise qui l’emploie pendant toute la durée du contrat.

Attention : l’alternance ne se limite pas aux jeunes diplômés du secondaire : elle concerne aussi bien le CAP que les diplômes d’ingénieur ou les masters.

À quoi ça sert

L’alternance sert à former des personnes tout en leur donnant une expérience professionnelle concrète, immédiatement utile à l’entreprise. Pour un artisan boulanger, cela permet de former un futur employé selon ses propres méthodes de travail, tout en bénéficiant d’aides financières et d’exonérations de charges.

Pour l’alternant, elle offre un accès facilité à l’emploi, une rémunération pendant les études et une expérience professionnelle valorisable dès l’obtention du diplôme. Pour l’entreprise, c’est aussi un moyen de repérer un futur collaborateur avant de lui proposer un contrat classique.

Elle sert enfin, à l’échelle d’un secteur ou d’un territoire, à répondre à des besoins de recrutement dans des métiers en tension, en formant directement les compétences recherchées.

Cas d'usage typiques

– Recruter et former en même temps : accueillir un alternant sur un poste que l’entreprise peine à pourvoir avec des profils déjà qualifiés.
– Préparer une succession : former un futur repreneur ou responsable dans une petite entreprise ou une exploitation agricole.
– Réduire le coût d’un recrutement : bénéficier des aides à l’embauche et des exonérations de charges liées aux contrats en alternance.
– Tester une collaboration avant embauche définitive : évaluer, sur plusieurs mois, la capacité d’un jeune à intégrer l’équipe.
– Se reconvertir professionnellement : utiliser le contrat de professionnalisation pour changer de métier à l’âge adulte tout en étant rémunéré.
– Répondre à une pénurie de compétences dans un secteur, en formant directement selon les besoins réels du métier.

Ce que tu sauras faire

Savoir distinguer les différentes formes d'alternance et identifier dans quelle situation professionnelle ce mode de formation est pertinent, pour un employeur comme pour un candidat.

Mises en situation

Situation 1 : un artisan boulanger forme son futur employé

Contexte : Un boulanger indépendant cherche depuis des mois un vendeur qualifié, sans succès, car les candidats expérimentés préfèrent les grandes enseignes mieux payées.

Application : Il décide d’accueillir un alternant préparant un CAP vente, qu’il forme lui-même selon ses méthodes et ses produits, sur une durée d’un an.

Résultat attendu : À l’issue du contrat, il propose un CDI à l’alternant, qui connaît déjà parfaitement la boutique, les clients et les produits.

Situation 2 : une reconversion professionnelle à quarante ans

Contexte : Une personne de quarante ans, ancienne assistante commerciale, souhaite devenir technicienne en maintenance industrielle mais n’a aucune expérience dans ce domaine.

Application : Elle signe un contrat de professionnalisation avec une entreprise industrielle, qui lui permet d’être rémunérée pendant sa formation.

Résultat attendu : Elle obtient sa certification tout en ayant déjà un an d’expérience concrète dans le secteur, ce qui facilite grandement son embauche ensuite.

Situation 3 : une entreprise mal préparée à l’accueil d’un alternant

Contexte : Une petite entreprise de communication accueille un alternant sans avoir désigné de tuteur ni préparé de missions claires.

Application : L’alternant se retrouve livré à lui-même, sans accompagnement, et prend du retard sur les compétences attendues par son école.

Résultat attendu : L’entreprise réagit en nommant un tuteur et en organisant un point hebdomadaire, ce qui permet de rattraper la situation avant la fin du contrat.

Application guidée : choisir entre apprentissage et professionnalisation

Contexte : Une association reçoit deux candidatures pour un poste en alternance : un jeune de 19 ans sortant du lycée, et une personne de 35 ans en reconversion.

Question : Quel type de contrat correspond à chaque profil ?

Résultat attendu : Le contrat d’apprentissage convient mieux au jeune de 19 ans en formation initiale, tandis que le contrat de professionnalisation est adapté à la personne de 35 ans en reconversion. L’exercice montre que le choix du contrat dépend du profil et du projet de la personne, pas seulement du poste à pourvoir.

Application guidée : calculer l’intérêt financier pour une entreprise

Contexte : Une entreprise hésite entre embaucher un salarié expérimenté à temps plein ou accueillir un alternant, sachant que l’alternant bénéficie d’aides à l’embauche et d’une rémunération réduite par rapport au SMIC selon son âge.

Question : Quels éléments, au-delà du seul coût salarial, doivent entrer dans la décision ?

Résultat attendu : Le coût immédiat est plus faible avec un alternant, mais l’entreprise doit aussi compter le temps de formation et d’encadrement nécessaire, moins important avec un salarié déjà expérimenté. L’exercice montre qu’une décision fondée uniquement sur le coût salarial est incomplète.

Pour bien le retenir

L'analogie

L’alternance ressemble à l’apprentissage de la cuisine dans un restaurant familial : le jeune passe une partie de son temps à l’école hôtelière pour apprendre la théorie des techniques culinaires, et l’autre partie en cuisine, à couper, cuire et dresser des assiettes sous l’œil du chef. Il n’apprend pas seulement des recettes dans un livre : il les met en pratique tout de suite, avec de vrais clients à satisfaire.

« Un pied à l'école, un pied dans l'entreprise. »

Pièges à éviter

À ne pas confondre avec

Une confusion fréquente consiste à croire que l'alternance est réservée aux formations courtes ou peu qualifiantes : elle existe pourtant jusqu'au niveau master et pour des diplômes d'ingénieur ou de commerce très sélectifs.

Une autre erreur est de considérer l'alternant comme une main-d'œuvre bon marché sans obligation de formation réelle. Le contrat impose un temps de formation en centre et un accompagnement en entreprise : l'employeur qui néglige cette dimension s'expose à des difficultés, voire à une rupture du contrat.

Enfin, certains pensent à tort que l'alternance garantit automatiquement un emploi à la fin du contrat : elle facilite l'insertion professionnelle, mais rien n'oblige l'entreprise à proposer un poste pérenne ensuite.

Évolution historique

Apparition : Racines dans le compagnonnage médiéval, formalisée en France dans les années 1970-1980, puis étendue avec le contrat de professionnalisation dans les années 2000

Quels changements depuis l’arrivée de l’IA ?

L’intelligence artificielle n’a pas transformé le principe même de l’alternance, qui reste fondé sur une présence physique en entreprise et en centre de formation. Son impact reste indirect : des plateformes utilisent désormais des outils d’IA pour mettre en relation plus efficacement les entreprises et les candidats à l’alternance, ou pour aider les centres de formation à adapter leurs contenus pédagogiques. Certains métiers préparés en alternance évoluent également sous l’effet de l’IA, ce qui pousse les référentiels de formation à intégrer de nouvelles compétences numériques, sans que cela change la nature du dispositif lui-même.

Évolution historique

Moyen Âge : tradition du compagnonnage et de l’apprentissage auprès d’un maître artisan, ancêtre lointain de l’alternance moderne.

Années 1970-1980 : structuration légale du contrat d’apprentissage en France, avec la création des Centres de Formation d’Apprentis (CFA).

Années 1990-2000 : création du contrat de professionnalisation, qui ouvre l’alternance aux adultes en reconversion, pas seulement aux jeunes.

Années 2010 : développement de l’alternance dans l’enseignement supérieur, y compris dans les grandes écoles et les universités.

Années 2020 : forte croissance du nombre d’alternants en France, soutenue par des aides publiques renforcées, et digitalisation des démarches administratives.