Employabilité
- Concept
- Intermédiaire
- Transversal
- Toujours utilisé
En bref
Capacité d'une personne à trouver, garder ou retrouver un emploi, grâce à ses compétences et leur adaptation au marché du travail.
Définition complète
L’employabilité désigne la capacité d’une personne à trouver, garder ou retrouver un emploi, en fonction de ses compétences, de son expérience, et de leur adéquation avec les besoins du marché du travail à un moment donné. Elle ne dépend pas seulement du diplôme initial, mais aussi de la capacité à faire évoluer ses compétences tout au long de sa carrière.
Par exemple, un technicien de maintenance qui actualise régulièrement ses compétences sur les nouveaux équipements conserve une employabilité forte, même si son métier évolue fortement, alors qu’un technicien qui ne se forme jamais risque de voir son employabilité diminuer avec le temps, à compétences égales au départ.
Attention : l’employabilité n’est pas figée : elle évolue dans le temps, à la hausse comme à la baisse, selon les efforts de formation, l’évolution du marché du travail, et les choix de carrière effectués.
À quoi ça sert
L’employabilité sert de boussole individuelle : elle aide chaque personne à se demander régulièrement si ses compétences actuelles restent recherchées sur le marché du travail, et à anticiper une formation ou une évolution avant qu’un problème ne survienne, comme un licenciement économique ou la disparition progressive de son métier.
Pour l’entreprise, elle est un enjeu de responsabilité : maintenir l’employabilité de ses salariés, par la formation continue, limite le risque qu’un salarié se retrouve démuni en cas de restructuration, tout en gardant une main-d’œuvre compétente et adaptable.
Elle est aussi un enjeu de politique publique : les dispositifs de formation professionnelle, d’accompagnement à la reconversion ou de validation des acquis de l’expérience visent tous à maintenir ou restaurer l’employabilité des personnes, notamment dans les secteurs en forte évolution.
Cas d'usage typiques
– Anticiper une reconversion : les compétences actuelles d’un salarié resteront-elles recherchées dans cinq ou dix ans dans son secteur ?
– Construire un plan de formation d’entreprise : quelles compétences renforcent le plus l’employabilité collective des équipes ?
– Accompagner un licenciement économique : quelles formations ou bilans de compétences peuvent aider un salarié à retrouver un emploi rapidement ?
– Évaluer un secteur en tension : un métier en pénurie de candidats offre-t-il, à l’inverse, une employabilité particulièrement forte ?
– Conseiller un jeune diplômé : quelles compétences complémentaires renforceraient son employabilité dès sa sortie d’études ?
– Mesurer un risque collectif : une entreprise dépend-elle trop de compétences rares, qui fragiliseraient l’employabilité de ses salariés en cas de fermeture ?
Ce que tu sauras faire
Évaluer les facteurs qui renforcent ou fragilisent l'employabilité d'une personne, et identifier des pistes concrètes pour la maintenir.
Mises en situation
Situation 1 : un métier qui se transforme
Contexte : Un comptable expérimenté voit une partie de ses tâches de saisie automatisées par un nouveau logiciel dans son entreprise.
Application : Plutôt que de s’inquiéter, il se forme à l’analyse financière et au conseil aux clients, des tâches non automatisées.
Résultat attendu : Son employabilité reste forte, car il a fait évoluer ses compétences vers des tâches à plus forte valeur ajoutée, moins facilement remplaçables.
Situation 2 : une reconversion après un licenciement économique
Contexte : Une usine textile ferme et licencie plusieurs dizaines d’ouvriers spécialisés dans une machine devenue obsolète.
Application : Un dispositif d’accompagnement propose un bilan de compétences et une formation vers un métier proche, dans la logistique locale.
Résultat attendu : Plusieurs anciens ouvriers retrouvent un emploi grâce à des compétences transférables identifiées et complétées par une formation ciblée.
Situation 3 : un jeune diplômé mal préparé au marché
Contexte : Un jeune diplômé en communication peine à trouver un emploi, car son diplôme, seul, ne suffit plus dans un marché très concurrentiel.
Application : Il complète son profil par un stage long et une certification courte sur les outils numériques les plus demandés dans les offres qu’il consulte.
Résultat attendu : Son profil devient plus employable, car il combine désormais un diplôme, une première expérience concrète et une compétence technique recherchée.
Application guidée : repérer un signal de baisse d’employabilité
Contexte : Dans une entreprise, un service RH observe que les salariés d’un même métier n’ont suivi aucune formation depuis plus de cinq ans, alors que le secteur évolue rapidement.
Question : Quel risque cette situation fait-elle courir aux salariés concernés, et que peut faire l’entreprise ?
Résultat attendu : L’absence de formation prolongée dans un secteur en évolution rapide est un signal de baisse d’employabilité : les compétences des salariés risquent de devenir obsolètes. L’entreprise peut réagir en priorisant ce métier dans son prochain plan de formation, avant qu’un écart trop important ne se creuse.
Application guidée : comparer deux profils sur leur employabilité
Contexte : Le profil A a dix ans d’expérience sur un seul outil, aujourd’hui peu utilisé par les entreprises du secteur. Le profil B a cinq ans d’expérience répartie sur trois outils différents, dont deux restent très demandés.
Question : Lequel des deux profils présente, en l’état, l’employabilité la plus solide sur le marché actuel ?
Résultat attendu : Le profil B, malgré une expérience globale plus courte, présente une employabilité plus solide, car ses compétences correspondent mieux à la demande actuelle du marché. Cela illustre que l’employabilité dépend davantage de l’adéquation des compétences au marché que de la seule ancienneté.
Pour bien le retenir
L'analogie
L’employabilité ressemble à la valeur d’un outil sur un marché de l’occasion : un outil rare, en bon état et toujours utile trouve facilement preneur, tandis qu’un outil ancien, mal entretenu et devenu obsolète perd de sa valeur, même s’il fonctionnait très bien à l’origine. Entretenir ses compétences, c’est entretenir la valeur de cet outil dans le temps.
« L'employabilité, c'est la valeur de ses compétences sur le marché du travail actuel. »
Pièges à éviter
À ne pas confondre avec
Une confusion fréquente consiste à croire que l'employabilité dépend uniquement du diplôme initial. En réalité, elle évolue tout au long de la carrière, selon les efforts de formation continue et l'adaptation aux besoins réels du marché du travail.
Autre piège : penser que l'employabilité est uniquement une responsabilité individuelle. Les entreprises et les politiques publiques de formation jouent aussi un rôle important dans son maintien, notamment pour les salariés dans des secteurs en forte transformation.
Enfin, il ne faut pas confondre employabilité et compétence brute : une compétence rare mais qui ne correspond à aucun besoin réel du marché n'améliore pas forcément l'employabilité d'une personne.
Évolution historique
Apparition : Le terme se diffuse largement à partir des années 1980-1990, en lien avec les mutations du marché du travail
Quels changements depuis l’arrivée de l’IA ?
Avant
L’employabilité dépendait surtout de l’évolution des techniques d’un métier, souvent progressive sur plusieurs années.
Aujourd’hui
L’arrivée rapide des outils d’intelligence artificielle transforme certaines tâches en quelques mois seulement dans des métiers comme la rédaction, le service client ou l’analyse de données, ce qui accélère le rythme auquel des compétences peuvent devenir moins recherchées. À l’inverse, savoir utiliser efficacement ces outils devient lui-même, pour certains métiers, un facteur d’employabilité renforcée. Cette accélération concerne toutefois surtout certains secteurs ; de nombreux métiers restent peu affectés directement par l’IA.
Évolution historique
Avant les années 1980 : l’idée d’un emploi stable, souvent occupé toute une carrière, rend la notion d’employabilité moins centrale dans le débat public.
Années 1980-1990 : les restructurations industrielles et la montée du chômage rendent la notion d’employabilité plus visible et plus discutée.
Années 1990-2000 : les politiques de formation professionnelle et de reconversion se développent pour répondre à cet enjeu.
Années 2010 : la notion s’élargit à la capacité d’adaptation continue face à la mondialisation et à la digitalisation des métiers.
Depuis les années 2020 : l’arrivée rapide de l’intelligence artificielle dans certains métiers relance fortement les débats sur le maintien de l’employabilité face à des transformations technologiques rapides.
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